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Avez-vous une carie dentaire??? Ces choses insoupçonnées que vous ne saviez pas!

Les caries, une histoire de carences?

En Avril 2015, L’INSERM publiait un document complexe intitulé “le pouvoir naturel de réparation des dents” (1), pas moins de 80 années après que Weston Price, un dentiste, eût publié “Nutrition and physical degeneration”. L’ouvrage non traduit en français est tombé dans le domaine public, on peut le trouver dans son intégralité sur internet (2).

Ce dentiste né en Ontario en 1870 est le fondateur de la National Dental Association qu’il présida de 1914 à 1928. Il remarque que sa jeune patientèle de l’Amérique des années  30 est accablée de soucis dentaires, caries, dents mal alignées, faciès déformés, infections diverses, allergies, problèmes comportementaux.

Une intuition lui vint: l’alimentation serait à l’origine de ce qu’il constate quotidiennement dans son cabinet.

En effet, le docteur Price suspecte la nourriture industrielle de mal nourrir ses patients. Comme dans un roman, le docteur vend son cabinet et entreprend avec son épouse un voyage de 12 années, à la rencontre de différentes populations du globe. Il choisit de séjourner au sein de groupes ayant comme trait commun le fait de ne pas être, ou très peu en contact avec le processus d’industrialisation.

Les peuplades qu’ils rencontrent ne connaissent pas encore le sucre, les farines et les huiles végétales, ni les routes et les voies ferrées. Ces populations ont également en commun le fait d’ignorer les dentistes, les brosses à dents, les caries, et la nourriture industrielle.

Cependant, il note que les membres de ces communautés qui ont délaissé leurs diètes traditionnelles développent rapidement des caries et d’autres problèmes de santé, tels que l’arthrite, la tuberculose.

Le docteur relève que les enfants nés de parents ayant consommé les aliments “modernes” ont globalement des visages aux structures faciales moins bien développées. C’est-à-dire des fasciés aux fosses nasales moins larges les prédisposant aux soucis ORL. Des bouches aux arches dentaires moins largement développées qui laissent présager des difficultés dentaires futures, qui se chevauchent entre autres. Il relève aussi que ces visages ont comme spécificité d’être plus étroits, moins symétriques, qu’ils sont objectivement moins harmonieux et moins attractifs. 

L’ouvrage de Price comprend une série de relevés scrupuleux dont un décompte minutieux du nombre de caries par communauté visitée. Son constat est édifiant: les populations dont le mode de vie n’a pas été industrialisé jouissent d’une santé dentaire éclatante: dents superbement alignées, arches dentaires parfaitement développées, faciès et corps robustes, respirant la santé, en dépit d’une pratique du brossage inexistante, et de l’absence au sein de ces communautés.

L’intime conviction de Price est que l’état des dents est un indicateur de santé global, une sorte de fenêtre ouverte sur l’état de santé de la personne. Au fil des pages, Weston Price raconte son expérience de voyage au sein des différentes cultures rencontrées, ainsi que les habitudes alimentaires des peuples visités. La chance qu’a eu Price, c’est d’avoir rencontré ces cultures à un moment charnière de l’histoire contemporaine: le moment précis avant que celles-ci ne “basculent” dans la modernité. Price a ainsi pu photographier côte à côte des personnes consommant leur régime “natif”, (pour reprendre ses propres mots), et des personnes consommant les aliments du commerce, rendus accessibles par la création de routes, de voies ferrées. Sans surprises, Prive relève qu’avant la construction de routes et de chemin de fer, les peuples consomment les ressources alimentaires locales.

Il est frappant à la lecture de “Nutrition and physical degeneration” de constater le lien de corrélation entre la construction d’une voie de chemin de fer et l’application de caries et plus généralement des maladies de civilisations.

Petit tour du monde des habitudes alimentaires des populations non occidentalisées. 

Les montagnards suisses du Lotschental consomment du lait cru de leurs vaches nourries à l’herbe, de la crème, du beurre, du pain au levain complet de seigle, ou des graines de seigle rôties, de la viande le dimanche, des soupes cuisinées au bouillon d’os, quelques légumes l’été. Price rapporte l’anecdote que la tranche de fromage surplombant la tartine de pain de seigle était au moins, sinon plus épaisse que la tartine elle-même! Selon les dires même les habitants du Lotschental de l’époque, ils tenaient leur robustesse du caractère divin du beurre de printemps , auquel ils attribuaient les vertus nutritionnelles à l’herbe à croissance rapide du printemps que les vaches broutent en altitude.

Price relève chez ce peuple une quasi immunité à la carie dentaire. Les membres des tribus pastoralistes Massai du Kenya mangent principalement de la viande, du sang et du lait cru entier de leurs vaches et de leurs chèvres. Price fait cette remarque à leurs propos: “il apparaît remarquable que sur les 6 tribus que nous avons étudiées, nous ne dénombrons quasiment aucune présence de caries, ni aucune arche dentaire mal formée.

Force est de constater que les nombreuses autres tribus visitées semblent jouir d’une immunité quasie complète à la carie dentaire. Sur ces 13 tribus, nous n’avons pas rencontré un seul individu avec des dents irrégulières”.

L’étude de leurs 2516 dents réparties sur 88 individus montre que seules 4 personnes étaient affectées de caries, pour un total de 10 caries, c’est à dire 0.4% de dents atteintes pour ce groupe.

Cependant, chez les membres de ces tribus qui ont adopté le mode de vie de la civilisation moderne, beaucoup de cas de caries dentaires ont été constatées. Chez la génération suivant l’adoption des habitudes alimentaires européennes, les difformités de l’arche dentaire sont monnaie courante.

Contrastant avec l’exemple des chasseurs cueilleurs Massai, une tribu voisine, les kikuyus, vit selon un mode de vie agricole et a une diète que l’on qualifierai de “végétarienne”: patates douces, mais, haricot, bananes, millet, et graines de kéfir, une variété de millet. Les kikuyus sont moins grands que les massai, ont un physique que Price qualifie de “moins robuste”. L’étude de 1041 dents sur 33 individus montre 57 dents atteintes par des caries, c’est à dire 5.5% des dents. 36.4% des individus étaient concernés.

Price note que les femmes Kikuyus adoptent des régimes riches en graisses animales 6 mois avant leur mariage et qu’elles ont également  un régime différents du reste de la tribu pendant leurs grossesses et toute la durée des 3 saisons que durent leurs allaitements.

Les eskimos d’Alaska étaient selon les mots même de Price “un exemple d’excellence physique et de perfection dentaire”.

Ces populations totalement isolées de la modernité mangeaient principalement des produits de la mer, des œufs de poisson, du phoque, de la baleine.

A noter qu’ils ne connaissaient ni fruits ni légumes (banquises oblige) un peu d’algues, de baies à la bonne saison, ainsi qu’une sorte d’oseille conservée dans de la graisse de phoque.

Price déplore que ces populations jouissant d’une parfaite condition physique aient autant  été impactées dans leur organisme par l’introduction des aliments de l’industrialisation, farine, sucres, huiles végétales. il relève que la première génération d’enfants née de mères ayant consommé ces aliments présente de nombreuses difformités au niveau facial et dentaire. ces anomalies apparaissent dès la première génération après l’adoption des aliments modernes. Il remarque un manque de développement osseux des mâchoires chez ces enfants, ce qui créé les conditions pour que les dents se chevauchent. Il constate que les narines de ces faciès sont plus étroites accentuant le phénomène de respiration par la bouche au détriment de la respiration par le nez: un moindre développement de la sphère ORL prédispose aux soucis respiratoires comme l’apnée du sommeil par exemple.

Chez les Maoris, insulaires de Nouvelle Zélande, le dentiste découvre que les indigènes consomment du poisson, du requin, de la pieuvre, des fruits de mer, des vers, du porc sauvage, du lard, des noix de coco, du manioc, des algues et des fruits.

Price remarque ceci à leur propos: “ce qui est frappant dans ces relevés, c’est le contraste entre l’écart des dents, des arches dentaires et des crânes des maoris avant que ceux-ci n’entrent en contact avec l’homme blanc, et les structures osseuses des personnes nourries avec des aliments modernes.

Price relève la différence d’épaisseur entre les cranes des individus s’alimentant de façon traditionnelle et  ceux des personnes ayant consommé les aliments de la ville.

Les rapports des examens des scientifiques entrés en contact avec ces peuples avant qu’ils ne se modernisent révèlent qu’une seule dent sur les 2000 examinées présente une carie dentaire, et que 100% des arches dentaires sont formées normalement”.

Les populations de pécheurs des Hébrides “Ecosse”, que Price découvre, consomment quotidiennement le produit de leur pêche, du poisson, du homard, des œufs, des abats de poisson, du bouillon élaboré avec les arêtes, les têtes et les carcasses. De l’avoine est également consommée sous forme de porridge, une bouillie fermentée la veille pour le lendemain, ou sous forme de galette. Les têtes de morues fourrées à l’avoine et aux morceaux d e foie de mourus coupés fin étaient un plat particulièrement populaire et constituaient l’ordinaire de ces populations vivant près de la mer.

Voici une anecdote de voyage: “Nous avons été à la rencontre d’une famille de l’autre côté de l’île où deux garçons de la famille (…) résidaient. L’un des deux frères avait une dentition excellente mais l’autre souffrait de caries rampantes. Ces deux jeunes hommes mangeaient autour de la même table. Le plus âgé, celui aux dents parfaites, continuait d’apprécier sa nourriture “primitive” composée d’avoine et de produits de la mer, avec un peu de produits laitiers. le plus jeune frère (…) avait d’importantes caries dentaires. Il lui manquait bon nombre de dents, dont ses deux incisives de devant.

Il insistait pour manger du pain blanc, de la confiture, du café très sucré, ainsi que sucreries et  du chocolat. (en haut à gauche le plus jeune frère qui consomme les aliments de la modernité, à droite, l’aîné, qui a conservé son régime natif).

 

Les vitamines au secours des dents?

Price analyse ces aliments dans son laboratoire  et réalise que les diètes traditionnelles contiennent jusqu’à 10 fois plus de vitamines A et D que le régime américain standard de l’époque, ainsi que bien plus de calcium, de phosphore, d’iode et de fer.

Le rôle du calcium  et du phosphore dans le cadre de la santé dentaire est connu du grand public. Cela dit, le mécanisme d’absorption de ces minéraux est peu vulgarisé. La vitamine D liposoluble (soluble dans le gras) rend les sels minéraux comme le calcium, le phosphore et le magnésium plus disponibles pour notre organisme.

le rôle de la vitamine D dans le cadre de la prévention des caries est connu et bien documenté.

A l’heure actuelle, la prévention des caries et autres problèmes dentaires semble se cantonner au brossage des dents, l’évitement des sucreries et parfois au sevrage de nuit, pour les enfants allaités, …

En outre il apparaît qu’il n’y ait aucune preuve scientifique que l’utilisation du fil dentaire ait un effet sur les caries ou la gingivite.

Pas encore de quoi affirmer que les pratiques intuitives de “bonne femmes”, de la naturopathie ou de la sagesse ancestrale soient validées par le consensus scientifique.

Mais cette découverte a d’autant plus d’intérêt qu’elle ouvre la voie à d’autres pistes thérapeutiques mieux à même de fonctionner que les anciennes qui ont démontré leur manque de pertinence.

Les recherches et observations menées par les Price et les Mellaby sur l’alimentation et les caries plusieurs décennies auparavant pourraient dorénavant déboucher sur des nouvelles pistes de soins en accord avec la découverte de l’INSERM.

Comment utiliser les vitamines via l’alimentation pour bénéficier de ce pouvoir qu’ont nos dents de refabriquer de la matière par elles-mêmes? Une supplémentation via des vitamines synthétiques est-elle aussi efficace?

Price parvient aux mêmes conclusions que les Mellanby, la vitamine D prise dans un cadre alimentaire aide et contribue à la reminélarisation des dents.

Nous avons la capacité de synthétiser la vitamine D, à condition de s’exposer suffisamment au soleil. Sous nos latitudes, cette synthèse n’est possible que d’Avril à mi-Septembre environ. Un apport autre, alimentaire pour par le biais de compléments comme l’huile de foie de morue, est envisageable le reste de l’année, ou toute l’année, en fonction des réserves de l’organisme et des besoins spécifiques (grossesse-allaitement).

Mais nos chercheurs constatent que la réussite n’est pas systématique.

Weston Price tout particulièrement pressent que la vitamine D n’est pas le seul élément dans le processus  de réparation de la dent.

Ce faisant, il parvient à isoler un élément qu’il confond au tout début avec la vitamine A: il le nomme facteur X. Il faudra attendre 2007 et le travail de recherche de Chris Masterjohn pour établir que ce facteur est la vitamine K2. La vitamine K2 est proche chimiquement de la K1, mais possède des propriétés biochimiques significativement différentes.

Une troisième vitamine intervient dans ce processus, il s’agit de la vitamine A.

Nommée rétinol, sous sa forme préformée la plus assimilable, elle se trouve exclusivement dans les produits d’origine animale. L’organisme peut sous certaines conditions effectuer la conversion du bêta carotène des végétaux en rétinol, mais des éléments laissent penser que certains organismes seraient des convertisseurs peu efficaces. Tabler pour son apport de rétinol sur la conservation du bêta-carotène semble donc hasardeux voir non dénué de risque de déclarer une carence. Le rôle de la vitamine A est plus discret, plus méconnu que celui de la vitamine D. La vitamine A aide entre autre à la destruction des vieux tissus dentaires et osseux. Elle aide également la vitamine D à fabriquer l’ostéolacine, une proteine de la matrice osseuse. Elle sert littéralement à ne pas “faire de vieux os”.

Fin de la première partie (à suivre)

 

 

9 comments

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