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Avez-vous une carie dentaire??? Ces choses insoupçonnées que vous ne saviez pas! (suite)

Ceci est la seconde partie de l’hygiène de vos dents liée à notre alimentation. Le premier article relatait l’histoire à travers un long périple du docteur Price sur les modes de vie de  populations indigènes.

Aussi bien que Price et Mellanby utilisaient l’huile de foie de morue dans leurs protocoles de soins.

Ce remède de grand mère tombé en désuétude est pourtant à la fois riche en vitamine A et D, sous forme particulièrement assimilable. En effet, les vitamines A et D sont des vitamines dites “liposolubles”, c’est à dire qu’elles se trouvent dans les graisses, dans un aliment en étant naturellement pourvu.

Il semblerait que sous sa forme synthétique, la vitamine A soit  soit souvent toxique, tandis que sous sa forme  complexe, car alimentaire et donc mêlée à d’autres composants, l’huile de foie de morue, soit dénuée de toxicité du fait de la présence protectrice de vitamine D. Price remarquait qu’il obtenait les meilleurs résultats de réparations de caries en associant du beurre clarifié (aussi appelé “ghée” et riche en vitamine k2) à l’huile de foie de morue (riche en vitamine A et D), en complément d’un repas quotidien dense nutritionnellement qu’il pourvoyait à un groupe d’enfant souffrant notamment de caries.

ghee ou beurre clarifié

 

Ceci peut se comprendre à la lumière des synergies des vitamines liposolubles: les 3 vitamines, A, D et k2 travaillent de concert dans la minéralisation des tissus osseux et dentaires. Les deux premières stimulent la production adéquate d’ostéocalcine, une protéine qui permet à la dent de se reminéraliser.

Mais cette protéine, pour qu’elle joue pleinement son rôle, nécessite d’être activée par la vitamine k2. On tient là l’explication du facteur (ou activateur) X des expériences de Weston Price: sans suffisamment de vitamine K2/facteur X, la remineralisation des dents, malgré l’huile de foie de morue (riche n vitamine A et D) ne se faisait pas!

Prévenir et/ou guérir la carie dentaire?

Cette piste vitaminique peut être envisagée sous plusieurs aspects, correspondant à plusieurs grandes périodes distinctes mais qui s’articulent comme un continuum.

Comme Price l’avait souligné, les cultures traditionnelles réservaient empiriquement certains aliments aux futures mamans. Ces aliments considérés parfois comme “sacrés” par ces peuples, étaient investis du pouvoir de produire de beaux bébés en bonne santé. Dans le cas du beurre de mai des populations montagnardes du Lotschental, sa richesse en vitamine k2 permettait aux futures mamans de s’assurer d’un statut adéquat de leurs réserves vitaminiques avant de démarrer une grossesse.

Cet aspect de la nutrition pré-partum pris en charge par les sociétés traditionnelles trouve un écho dans notre culture dans la prescription d’un complément d’acide folique avant de démarrer une grossesse, mais ne fait pas partie de notre culture alimentaire.

L’idée de préparer une grossesse d’un point de vue nutritionnel et alimentaire n’est pas un usage répandu dans nos habitudes.

Suivant les prescriptions de Price et Mellanby, la construction des dents in utero dépend du statut nutritionnel de sa maman lorsqu’elle entame et vit sa grossesse ainsi qu’avant la fécondation. Bien s’alimenter est une première mesure de prévention contre les caries.

Cette idée est plus largement exposée dans l’ouvrage “Deep nutrition” de Cate Shanahan, qui reprend largement les travaux, observations et photos de l’ouvrage “Nutrition and physical degeneration”.

Cate Shanahan dans “Depp nutrition”  aborde les questions de manque de vitamines (lipo et hydrosolubles, particulièrement la vitamine D), de minéraux, d’oméga-3 à chaînes longues pendant la grossesse, et l’impact éventuel sur la formation des faciès, des mâchoires, et par extension, de la santé dentaire et de façon plus large, le corps de l’enfant à naître.

Selon cette logique, des grossesses rapprochées (espacement  de mois  de 3 ans entre les grossesses) ne permettent pas à la maman de reconstituer son stock de vitamines, minéraux et nutriments, et notamment la reminéralisation des dents du futur bébé peut se faire moins parfaitement, ou alors alors au détriment des réserves de l’organisme maternel.

L’adage “une grossesse, une dent” s’expliquerait de ce point de vue par un organisme maternel épuisé par les carences.

Cette théorie permettait d’expliquer les différents états de santé dentaire, au sein même fratrie, en dépit d’une alimentation similaire, et d’une hygiène et de soins dentaires identiques.

Selon la logique de Cate Shanahan, les aînés bénéficieraient d’un statut nutritionnel maternel correct, là où les réserves maternelles ne se reconstitueraient pas de façon optimale, les bébés puînés souffriraient de réserves amoindries, ainsi que d’un développement dentaire et osseux mitigé.

Focus: la faute à l’allaitement?

De nombreuses mamans qui allaitent au long cours et dont les bébés-bambins-enfants nécessitent une prise en charge médicale pour des soins dentaires, vivent l’expérience douloureuse de se voir demander de sevrer partiellement (sevrage de nuit) ou totalement. Les professionnels de santé justifient une telle demande par le fait que le lait humain contient naturellement un sucre: le lactose.

Des études attestent du rapport inexistant entre le lait humain et les caries dentaires, ce qui n’empêche pas les dentistes d’incriminer l’allaitement, nocturne notamment, claquant certainement sur cette pratique de maternage proximale l’idée de nourrissage de nuit au biberon.

Des expériences où des dents sont immergées plusieurs jours au contact de lait maternel démontrent que ce dernier n’affecte pas la dent, mais au contraire dépose du calcium et du phosphore sur l’émail. 

Reconsidérer le problème à la lumière des découvertes vitaminiques de Weston Price et des Mellanby permettait d’aborder en creux sous un angle nouveau, celui des vitamines apportées (ou pas) par l’alimentation, in utero, ou sein, ou lors de la diversification aux alentours des  mois de bébé.

“Les femmes vivant des modes de vie ancestraux (qu’elles soient ou non allaitantes) ont des niveaux sanguins beaucoup plus élevés de vitamine D que les américains urbains contemporains.

Qu’en est-il des lactés de ces vitamines essentielles à la formation et au maintien d’une santé dentaire satisfaisante et comment l’alimentation maternelle joue un rôle dans le processus?

De façon non surprenante, l’alimentation maternelle joue un rôle dans la composition du lait humain, et on peut ainsi observer des variations de compositions de lait d’une femme à l’autre selon leurs alimentations.

“La nature des graisses consommées par la mère se reflétera au niveau des lipides lactés. On estime qu’environ 40% des variations individuelles constatées quant aux taux des divers acides gras polyinsaturés sont en rapport avec les différences d’apports alimentaires. (…) De nombreuses études ont constaté que la prise par la mère d’un supplément d’huile de poisson riche en acide docosahexaénoique augmentait le taux lacté de cet acide  gras. Le rapport entre les acides gras en oméga3 et en oméga 6 dans l’alimentation se reflétera sur ce même rapport au niveau des acides gras lactés. Dans les pays occidentaux, les apports des différents chefs de file de ces séries ont beaucoup évolué avec les modifications de notre alimentation depuis quelques décennies.

Or, dans la mesure où ces acides gras sont impliqués dans la synthèse de diverses prostaglandines, un déséquilibre du rapport entre les séries en oméga 3 et en oméga 6 peut avoir un impact significatif sur la santé (sur le risque d’allergies par exemple.)

A Propos de la vitamine A préformée, alias le rétinol: “le taux lacté de vitamine A semble dépendre essentiellement des apports alimentaires maternels. Ce taux est élevé dans le colostrum, puis baisse dans le lait mature avant de se stabiliser. Le lait  humain contient aussi de nombreux caroténoides.

A propos de la vitamine D: “Le taux lacté de vitamine D peut varier dans la proportion de  à 1 à 10, et il est fonction du statut maternel pour cette vitamine. Si la mère a des apports alimentaires faibles et s’expose insuffisamment à la lumière du jour, l’enfant allaité pourra présenter un rachitisme.”

Il y’a fort à parier que le lait des femmes des sociétés traditionnelles visitées par Price présentaient des taux significativement plus élevés de vitamines A, D et K2 par rapport au lait maternel de femmes consommant plus de leurs alimentations traditionnelles.

Quant au fait de savoir si les tétées de nuit présenteraient un potentiel cariogène, regardons une fois encore do côté des populations non occidentalisées. Il est permis d’imaginer que les pratiques de maternage en vigueur chez des peuples  comme les eskimos ou les mongols incluaient de nombreuses tétées de nuit. Or, ce sont précisément des populations qui, tant qu’elles s’alimentaient de façon traditionnelle, étaient indemnes de caries.

Il est intéressant de noter que les populations immunisées contre les caries ne connaissaient pas l’usage de la brosse à dents, du dentifrice ou encore du fil dentaire, sans même évoquer le fauteuil du dentiste. Le dentiste constate que les populations indemnes de caries ont un dépôt assez épais sur les dents, sans que cela ne semble affecter leur robustesse.

Bien que la plupart des récits anthropologiques fassent régulièrement l’impasse sur les questions liées à la féminité et aux bébés, on peut tabler que la plupart de ces populations nourrissaient leurs bébés au sein, a minima les 2 premières années de jour comme de nuit.

Que penser des recommandations modernes de sevrage qui semblent ne s’appuyer sur aucune recommandation scientifique et pas plus sur des observations empiriques anthropologiques?

A la lecture du récit du voyage de Price, on peut observer de nombreux clichés de dentitions d’enfants. il ne fait aucun doute que la santé dentaire dont jouissent  ces populations concerne également les dents de lait indistinctement des dents définitives des adultes.

 

Diversion alimentaire 

 

Il est instructif de se pencher sur la nature des premiers aliments proposés bébés.

Depuis l’après-guerre il est courant de nourrir les bébés occidentaux de compotes, de purée de légumes ainsi que des bouillies de céréales.

Il n’en a pourtant pas toujours été ainsi. En parcourant les ouvrages antérieurs qui traient du sujet, on note que ce sont des quasi-repas d’adultes qu’on propose aux bébés, la viande, les œufs, les abats, le poisson inclus. ces aliments sont riches en fer et en zinc, deux minéraux dont les bébés sont souvent déficients sous nos latitudes. la pratique du clampage précoce du cordon empêche le transfert de sang de la mère au bébé via le cordon ombilical et peut être considéré comme responsable de la carence en fer et en zinc qu’expérimentent certains bébés lors de leur première année de vie. (A ce titre, il apparaît que proposer des aliments riches en fer et en zinc, comme la viande et les produits de la mer constituent une réponse à cette problématique.)

 

Il est frappant de constater que les populations traditionnelles diversifient leurs bébés avec les mêmes aliments que ceux consommés avant de démarrer une grossesse, et proposés aux mamans allaitantes. Ces aliments sont également ceux relevés par Weston Price comme étant une base alimentaire pour les différentes peuplades du monde; ce sont des aliments riches en nutriments liposolubles, vitamines A, D et K2, en minéraux; calcium, fer, zinc, phosphore provenant notamment de viande, de bouillon d’os, d’huile de foie de morue, du jaune d’œuf, de la moelle, des abats (foie, cervelle), des œufs de poisson, du homard, des poissons gras, des coquillages, des insectes, des noix de coco …

Il est également intéressant de noter que ces pratiques alimentaires sont reliées à des modes de vie “locaux” qui ont  été également petit à petit délaissés par les membres de communautés (départ  à la ville, mode de vie plus urbain, abandon de l’agriculture vivrière locale).

Faut-il donc nous inspirer des alimentations de ces groupes humains pour être épargnés par la carie dentaire?

Les expériences cliniques menées par Weston Price et le couple Mellanby suggèrent que modifier notre alimentation peut apporter un bénéfice non négligeable, allant jusqu’à la réparation des dents. Il ne s’agit pas de ne plus consulter de dentiste, mais de prévenir et de réparer ce qui peut l’être, de combiner les deux approches.

De retour de son voyage de 12 ans, le dentiste met en place dans sa clinique un programme visant à enrayer la malnutrition chez des enfants en mauvaise condition physique et souffrant de caries.

Lors d’une expérience, Price leur sert 6 jours par semaine un repas thérapeutique qui inclut: du foie, de la soupe au bouillon de poisson, ou un ragoût  de viande incluant du bouillon d’os et des carottes, des assiettes de céréales fraîchement moulues et largement beurrées, du jus de tomate avec de l(huile de foie de morue, et deux verres de lait cru issu de vaches ayant consommé exclusivement de l’herbe.

 

La viande, les œufs, le lait provenaient exclusivement d’animaux élevés à l’herbe. En effet Price avait découvert que ces produits contenaient plus de vitamine A que leurs équivalents industriels, issu d’animaux de qualité contiennent également plus de vitamines K, et 3 fois plus d’oméga 3.

Depuis les années 2000, les travaux de Weston Price sont redécouverts par le grand public.

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