bien être pour tous

Déprime et dépression: notre société au chevet de la médecine

Vous éprouvez:

  • des troubles du sommeil,
  • des troubles de l’humeur ,
  • une fatigue lancinante,
  • un épuisement chronique dès le matin,
  • aucune envie de vous lever: “Je me force pour le gestes quotidiens, je ne range plus rien”,
  • une perte d’interet pour entreprendre quoi que ce  soit: “Ah quoi bon!”…

Vous êtes déprimé, vous n’êtes pas la premiere personne à l’être!

Déjà dans l’antiquité, 400 ans avant l’ère chrétienne, l’école hippocratique décrivait les états dépressifs sous les termes de mania et mélancolia.

De nos jours, l’augmentation sans cesse croissante du nombre de cas nous interroge: s’agit-il de déprime, de mal-être ou de dépression? Quoiqu’il en soit il convient de voir en chaque déprimé %n cas unique. Mais de façon générale on peut distinguer:

Dépression sévère:

Intense douleur morale, épuisement maximum, envie de rien, goût à rien, dégoût de soi, sidération (on a perdu toute envie de faire quoi ce soit ou de communiquer avec les autres) ou au contraire agitation (mais sans rien faire de constructif), instabilité. Risque suicidaire.

Dépression légère:

Fatigue et désintérêt pour entreprendre des choses nouvelles, tendance à s’isoler et à s’intéresser beaucoup moins à ce qui touche ses proches et le monde extérieur social. Découragement, baisse de moral, en un mot déprime. On se plaint d’âtre débordé.

(…)

Les causes de la dépression:

La dépression est-elle une maladie? Pour expliquer les dépressions (surtout les dépressions sévères) on met en avant certaines perturbations biologiques (généralement des perturbations de la transmission de l’influx nerveux, c’est-à-dire des neurotransmetteurs, sérotonine, noradrénaline, dopamine) sans pour autant pouvoir établir si ces anomalies sont la cause directe de la dépression ou si elles n’en sont que la conséquence.

Il existe des dépressions dans lesquelles les symptômes dépressifs sont causés par une maladie grave comme les maladies endocriniennes, la maladie d’Alzheimer chez les personnes âgées, ou certains cancers. Un bilan médical permettra de rechercher les causes pouvant être à l’origine du trouble dépressif. Notons aussi que dès le XIXe siècle on a remarqué l’incidence familiale des troubles maniaco-dépressives, aujourd’hui appelés troubles bipolaires.

Mais si l’on peut parler de facteurs génétiques, de fragilité et de prédisposition, doit-on pour autant sous-estimer l’histoire personnelle?

La dépression peut être le résultat d’une histoire complexe où se mêlent les déterminants biologiques, personnels et sociaux (déterminants sociaux: conditions de vie, milieu de travail stressant, etc…). Son déterminisme peut donc être multifactoriel.

La France a le triste privilège de se classer en tête des pays du monde à plus forte moralité par suicide, bien loin devant les Etats-unis, le Royaume-Uni ou l’Italie, alors que l’on peut constater une diminution de l’alcoolisme depuis 1970, et que les accidents de la circulation se trouvent sur une courbe descendante. Par ailleurs, toutes les études statistiques démontrent qu’à partir des années soixante, et encore plus depuis les années quatre-vingt, la dépression est en pleine expansion.

La dépression ne touche pas uniquement l’adulte; elle frappe aussi l’enfant ou l’adolescent chez qui, plus sournoise, elle peut passer totalement inaperçue, se manifestant davantage par des instabilité, de l’agitation ou des difficultés scolaires.

Tous ces états de mal-être sont-ils les fruits de notre société moderne? Est-ce le “mal du siècle”, comme l’affirment les médias? Il est vrai que l’on a souvent l’impression de voir notre société naviguer tant bien que mal entre deux principaux fléaux que représentent la violence et la dépression. Déjà, il y a une siècle, en 1897, le sociologue Emile Durkheim soulignait que le suicide était un signe de “perturbation profonde de la société”.
La prévention du suicide, de la dépression ou plus avant de la déprime, nécessiterait une prise en charge, par de nouvelles mesures politiques, visant à l’amélioration des conditions de vie matérielles de millions de personnes. En effet, le suicide n’est pas réductible aux seuls problèmes personnels: ces causes peuvent être psychosociales, et l’accroissement de sa fréquence est bien l’indice d’une détérioration de notre environnement.

Nous vivons actuellement dans une société trop souvent  productrice de dépression, parce que matérialiste et sans âme. Néanmoins, une telle constatation des faits – chacun est bien conscient de ne pas vivre dans une société idéale – ne nous dispense pas de réfléchir et d’analyser le problème.

Tout le monde est à la recherche du bonheur, ou tout au moins d’un mieux-être, d’une existence plus agréable…

Au XVIIIe siècle, Voltaire disait: “Nous recherchons tous le bonheur mais sans savoir où, comme des ivrognes qui cherchent leur maison sachant confusément qu’ils en ont une!”

Les empereurs romains, eux, promettaient au peuple pour le distraire panem et circenses. Et aujourd’hui, nous disposons à profusion de loisirs et de spectacles avec le cinéma et la télévision.

Nous pouvons aussi “surfer” sur internet. Grâce au virtuel le rêve est omniprésent dans notre vie. Mais est-ce satisfaisant? Cela nous rend-il plus heureux que nos arrières-grands-parents? Il semblerait bien que non à en juger par la très nette progession des troubles mentaux divers.

Pour éviter déprime et dépression ne devons-nous pas relever le défi d’apprendre, dès aujourd’hui, à mieux vivre notre vie, quelles que soient les conditions difficiles que nous connaissons?

Et pour cela peut-être aurions-nous besoin des secours d’une philosophie, besoin de réfléchir sur la meilleure manière de conduire notre vie.

Selon le Times, les philosophes des Etats-Unis ouvrent de plus en plus fréquemment des cabinets de “praticiens – philosophes”. Ils se basent sur l’idée  qu’on ne peut accéder à un mieux-être sans aborder une réflexion sur les grandes questions morales et éthiques. Des philosophes comme Sénèque, Epicète, Marc-Aurèle, Spinoza et bien d’autres peuvent encore nous apprendre beaucoup, et nous devrions méditer avec profit sur les pensées de ces sages de l’ancien temps…

Par exemple, Epicète disait :”Ce ne sont pas tant les choses qui nous font souffrir que l’idée que nous en avons.”

Ne nous est-il pas, bien souvent, arrivé de nous sentir tristes, inquiets ou en colère, et de broyer du noir pour nous apercevoir un peu plus tard que nous avions dramatisé la situation?

La dépression touche beaucoup d’individus. Les sociologues estiment à 20 % de la population le nombre de personnes qui souffrent de troubles dépressifs à un moment ou à un autre de leur existence. Sans compter les équivalents dépressifs de ce qu’on appelle la dépression “masquée”, c’est-à-dire une fatigue inexplicable, un manque d’entrain, un manque d’appétit, des douleurs diffuses sans cause réelle, des troubles organiques divers…

La dépression “vraie”, elle, se caractérise par un état d’épuisement physique et moral, des troubles du sommeil, un pessimisme chronique. Le déprimé, n’ayant plus goût à rien, manifeste un manque d’intérêt et de motivation pour toute chose. Il finit par ne plus avoir de but dans l’existence… par ne plus trouver de sens à la vie et, souvent même, par ne plus avoir la force d’en parler à qui que ce soit, de crainte d’être incompris ou mal jugé.

Mais à part quelques formes graves dans lesquelles se présente une altération neurophysiologique, la dépression commence le plus souvent sous une forme plus bénigne que l’on nomme déprime: petite dépression mineure, morosité endémique tellement  répandue que considérée comme normale, avec toutes sortes de “trucs” pour ne plus la ressentir, toutes sortes de “drogues” qui conduisent à l’abrutissement.

En fait, le terme “drogue” englobe l’excès de stimulation en tout genre. En effet, lorsque l’on a perdu le chemin du bonheur, on essaie un peu n’importe quoi pour faire taire notre malaise. Cela peut nous conduire à certains débordements; on boit trop, on mange trop, on travaille trop… car un excès de travail, lorsqu’il n’est plus que labeur, lorsqu’il devient pénible et n’a plus de sens, est une drogue.

Un proverbe haïtien amusant dit: “Si le travail  était une bonne chose les riches se le garderaient pour eux!”.

Pour pallier le manque de bonheur, nous pouvons être tentés de nous étourdir dans le travail; les Anglo-Saxons appellent cela le workaholism, l'”addiction au travail”, comparant cet abus à l’alcoolisme. Un certain nombre d’entreprises américaines ont déjà compris qu’on ne peut améliorer la productivité et le rendement en réduisant le temps de travail et le stress. Celles-ci proposent à leurs employés toute une batterie de séminaires autour du yoga, de la sophrologie, de l’hygiène alimentaire… En Grande-Bretagne, une maison d’édition a instauré un jour d’absentéisme officiel: le Mental Health wday, c’est-à-dire un jour pour prendre soin de sa santé mentale. Dans cette société, on a aussi institué tous les mercredis la distribution de chocolats… Derrière cette générosité apparente se cache un psychostimulant (le chocolat!).

Il est pratiquement impossible de dater le début d’une dépression; l’événement apparemment déclencheur-une rupture sentimentale ou bien encore un décès, par exemple-peut n’être que la goutte d’eau qui aura fait déborder le vase. Souvent, la déprime était déjà installée, et la dépression couvait depuis des années.

Peut-on considérer la déprime- le manque de goût à vivre ou l’insatisfaction permanente – comme une maladie? Cela se soigne-t-il avec des pilules? Peut-on trouver le bonheur sur ordonnance? S’il est vrai que la déprime peut parfois être  due à un dysfonctionnement biologique (on sait qu’un déséquilibre hormonal par exemple, peut avoir des effets deppressiogenes), ne serait-il pas préférable la plupart du temps de chercher à comprendre d’où nous viennent cette tristesse et cet abattement? …

D’après un médecin humaniste, qui ne croyait pas à la pilule du bonheur, 90% des personnes qui viennent en consultation et qui sont malades, bien malades (même avec des troubles organiques avérés), seraient en fait atteintes de deux maux: le “mal à dire” et le “manque de bonheur”.

Si nous voulons être en bonne santé, rappelons-nous que le bonheur y contribue très largement! Or, comment peut-on être heureux l’on est pas à sa place ni chez soi ni dans la société, si l’on fait fausse route, même passionnément… à travers une carrière “réussie”, mais qui ne tient pas compte de nos vrais besoins en tant qu’être humain!

Au fait, qu’est-ce-que la “réussite”? Plus d’argent? Plus de pouvoir? Comme chacun sait, l’argent et le pouvoir n’ont jamais empêché une star de la jet-set de se suicider.

Un psychothérapeute américain, Anthony Robbins, définissait ainsi la réussite:

“Rire souvent et beaucoup, mériter le respect des intelligents et l’affection des enfants, gagner l’estime des critiques honnêtes et endurer les trahisons de ceux qui ne sont pas de vrais amis, apprécier la beauté, trouver ce qu’il y a de mieux dans les autres, laisser derrière soi un monde un peu meilleur, par un bel enfant, un jardin fleuri, ou une condition sociale moins dure, savoir qu’une vie seulement a respiré plus facilement grâce à vous: voilà ce qu’est la réussite”.

Et dans l’Antiquité, Platon disait: “L’essentiel n’est pas de vivre mais de bien vivre.”

Qu’en pensez-vous?

Quelle est votre définition de la réussite?

De quoi avez-vous vraiment besoin?

 

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